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Enquête : Peut-on déployer une solution MDM sans gouvernance des données ?

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August 20 2014

Par définition, la gestion des données de référence (MDM) consiste à traiter les données qui sont partagées entre différentes applications, qu’il s’agisse de données sur les clients, les produits, les sites, les ressources ou autres. Les enquêtes publiées dans The Information Difference ont révélé que les grandes entreprises disposent en général de 15 sources de données de référence simultanées, certaines en possédant même des centaines. Les problèmes surviennent lorsque diverses applications utilisent différentes versions de ces données. Cela peut aller des livraisons égarées aux mauvaises décisions d'investissement fondées sur des données erronées. Depuis plusieurs années, il est possible d’acquérir une solution MDM qui met en place un pivot central qui résout théoriquement ce problème. Ce pivot central contrôle les différentes versions et les corrèle ou, dans certains cas, réintègre un enregistrement maître des données de référence unifiées dans les systèmes transactionnels.

Cependant, comme ceux qui se sont lancés les premiers dans ces projets ont pu le constater, obtenir des données de référence cohérentes n’est pas qu’une question de technologie. En effet, toutes ces applications distinctes ont leurs propres versions des données pour la simple raison que chaque utilisateur de l’entreprise possède une perspective différente. Par exemple, un agent commercial se soucie de traiter une commande, mais un contrôleur de crédit veille à ce que le paiement de ladite commande soit effectif. Un professionnel du marketing cherche à déterminer si une nouvelle campagne porte ses fruits, mais un logisticien a besoin de savoir si les produits expédiés pour ladite campagne pourront être transportés dans un camion. Ces perspectives et besoins différents, sans oublier les complexités propres aux fusions et acquisitions, ont eu pour effet de multiplier les versions des données de référence. La nature humaine étant ce qu’elle est, une fois qu’une unité particulière contrôle ses données, elle se montre réticente à les céder. On ne fait pas trop confiance aux membres des autres services pour gérer les données correctement.

Ainsi, un projet MDM concerne autant les politiques internes et la gestion du changement d’une part que la technologie d’autre part. Si vous souhaitez normaliser l’utilisation générale d’un nouveau code client, il vous faut convaincre, obliger ou sensibiliser de nombreuses personnes dans l’entreprise pour qu’elles changent leurs pratiques et acceptent de céder le contrôle de « leurs » données. Les services informatiques possèdent rarement l’autorité suffisante pour faire évoluer les méthodes de travail d’une unité opérationnelle.

Ces problèmes ont fait échouer beaucoup des premiers projets MDM et ont suscité des initiatives de gouvernance des données. Ces activités, dirigées idéalement par l’opérationnel ou au moins conjointement par les opérations et la DSI, établissent un cadre de gestion pour la propriété et la gestion des données clés. Il peut y avoir un groupe de direction constitué de managers, les tâches quotidiennes étant gérées par des « gestionnaires de données » aux opérations, ainsi que des processus sur la manière de modifier les données partagées telles que le code compte général. En général, un petit groupe d’employés est affecté à plein temps à la gestion du projet.

Une enquête d’Information Difference portant sur 257 entreprises mondiales a révélé que 39 % de celles-ci mettaient en œuvre la gouvernance des données en parallèle des projets MDM. Les deux-tiers de ces projets étaient pilotés soit par l’opérationnel soit conjointement avec la DSI. Dans ces entreprises, un pourcentage inhabituellement élevé de 80 % des sondés a affirmé mesurer la qualité des données (deux fois plus que dans d’autres enquêtes). Un pourcentage encourageant de 67 % des sondés a nommé des responsables afin de résoudre les différends portant sur la propriété des données. Ces initiatives ne se pilotent pas toutes seules : des médianes de six équivalents temps plein pour les opérations et de quatre équivalents temps plein pour la DSI ont été nécessaires pour exécuter les programmes de gouvernance des données. Cependant, les coûts et le travail supplémentaires requis pour mettre en place des programmes de gouvernance des données semblent payer : 60 % des entreprises ayant déployé ces programmes ont estimé que les résultats s’avéraient satisfaisants et 19 % très satisfaisants, 6 % seulement ayant déploré un échec de leurs projets.

Incontestablement, ma propre expérience pratique des programmes MDM à grande échelle soutient l’idée que la gouvernance des données est essentielle au succès des projets MDM. Peu de projets MDM échouent de nos jours à cause de la technologie, incroyablement mature. Les projets catastrophiques que j’ai connus étaient principalement dus aux luttes entre différentes entités de l’entreprise, à des responsabilités mal définies et à une portée trop ambitieuse. Ce sont là des points auxquels un bon programme de gouvernance des données devrait contribuer, et les conclusions de cette enquête nous montrent qu’une bonne gouvernance des données conduit habituellement à une bonne gestion des données de référence.

À propos de l’auteur

Andy Hayler a fondé Kalido qui, sous sa direction, a été l’éditeur de Business Intelligence qui a connu la croissance la plus rapide au monde en 2001. Andy Hayler a été le seul Européen nommé « Top 10 Innovators of 2002 » par la revue Red Herring. Kalido est un pionnier de l’entreposage des données et de la gestion des données de référence modernes. Il est à présent cofondateur et président de The Information Difference, un cabinet spécialisé dans l’analyse et l’étude de marché qui conseille les grands groupes, les sociétés de capital-risque et les éditeurs de logiciels. Il intervient régulièrement comme orateur principal aux conférences internationales sur la gestion des données de référence, la gouvernance des données et la qualité des données. Andy est titulaire d’une licence en mathématiques de l’université de Nottingham. Il est aussi un critique gastronomique et auteur de renom (www.andyhayler.com). Andy anime également le blog primé www.andyonsoftware.com.

Auteur : Andy Hayler, cofondateur et président, The Information Difference




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